HISTOIRE LOCALE
PEYROLLES et BLAUZAC

Vers les années 900 à1000 existaient les châteaux de Peyrolles et de Cadoule dans le Peyralès.

A cette époque vivait à Peyrolles, Aymon, seigneur du château-fort situé sur la gorge du Liort. Les ruines qui restent sont une partie de l’église Saint Vincent et personne ne pourrait imaginer à voir ces ruines, que ce château porte en lui la puissance de ses seigneurs. Les noms des lieux : La Salvetat-Peyralès, Castelnau-Peyralès et Carcenac-Peyralès indiquent la grandeur de la contrée qui était dans la mouvance de Peyrolles.

Un peu avant l’an 1000, un cadet de Peyrolles Ischafrède épousa Rixendis, l’héritière de Meudou près de Rieupeyroux.

Les 2 époux, après avoir été en pèlerinage à Saint-Martial de Limoges, firent don au monastère de tous les biens de leur modulance au cas ou leur fils Deusdet mourrait sans héritier légitime. Etaient cependant exclus de la donation les parts d’héritage des filles Ricardis et Alpasia.

Vers 1025, les neveux d’Ischafrède, Hugues et Veresus après la mort de leur cousin Deusdet, réclamaient les terres de Meudou et les disputaient aux moines de Saint Martial de Limoges.

Guy de Castelmary qui avait épousé Alpasia prétendait par sa femme à la terre de Meudou et fut excommunié par l’évêque Arnald. Après avoir fait lever, longtemps après, l’excommunication : fait le pèlerinage à Limoges : donné leurs terres de Carcenac, ils cédèrent donc aux moines.

Au XIème siècle, il apparaît que la famille de Castelmary hérita de Peyrolles.

Raymond VII, comte de Toulouse, confisqua la seigneurie de Peyrolles et son successeur Alphonse de Poitiers la restitua en 1266. La baronnie de Castelmary passa par mariage à la famille del Vernh, dans la seconde moitié du XIVème siècle, puis un siècle plus tard de nouveau par mariage à la famille De Saunhac, puis à celle de Morlhon De Sanvensa jusqu’en 1458. Dans l’héritage de la famille des Verhn, les Morlhon avaient trouvé les terres de Blauzac et de Peyrolles elles-mêmes héritées des Castelmary.

Peyrolles, au XIVème siècle avait perdu son antique importance et s’étendait de Rabiac à la Tapie et comprenait une vingtaine de mas (maisons).

La terre de Tournemire n’était plus qu’un souvenir. Le château qui portait ce nom situé au-dessus du Viaur n’avait plus laissé de traces. Cette seigneurie correspondait aux terres comprises entre le ruisseau des Mazières (aujourd’hui ruisseau de Blauzac) le Viaur, le Lézert, occupes par Luc, Labro, la Massoutie hameaux dépendant de la paroisse de La Salvetat.

Comment expliquer cette configuration illogique des paroisses de ce secteur ? Comment et pourquoi le chapitre de la cathédrale de Rodez, seigneur de La Salvetat avait-il gardé ou acquis ce secteur ? Peut-être et certainement à cause de la possibilité de culture de la vigne dans ces versants exposés au midi.

Toujours est-il que pour aller de La Salvetat à Luc dans la même paroisse, il fallait traverser le chef-lieu de la paroisse de Blauzac. Abandon donc de Peyrolles au profit de Blauzac qui devint le petit chef-lieu du pays. Blauzac village avec extensions construites au-delà du fossé ou valat, un cimetière et l’orme* du lieu avec ses mas groupés tout autour appelés Destras la villa et Desotz la villa, lo Mas et Goyels. Je crois pouvoir dire qu’il reste encore dans le langage local le souvenir de ces appellations (on dit encore « Lou cap de Loc, Lou Foun del Loc) mais on n’a pas gardé l’appellation du milieu (Lou mas) peut-être ?

La communauté comprenant les habitants de la terre de Peyrolles et de Blauzac était représentée par 2 jurés (un pour Peyrolles, un pour Blauzac) désignés tous les ans, le jour de Saint-Antoine.

Les coutumes concernant les vendanges, les chemins, les dommages étaient comparables à celles de Castelmary.

D’après les réponses faites à l’enquête de 1771, questionnaire établi par l’évêque Champion de Cice à toutes les paroisses par le curé Carcenac, Saint-Martin de Blauzac dépend du chanoine de la cathédrale de Rodez.

Le curé nous rapporte le montant de sa pension (41 setiers de seigle, six de froment, deux charretées de paille, le carnelage (viande) afferme 10 pistoles, l’entière dîme du vin estimée à 9 ou 10 pipes soit 450 l x 10 = 4 500 litres de vin.

Par ce dernier chiffre, on relève l’importance de la culture de la vigne – la dîme n’étant que le dixième de la récolte.

La seigneurie appartenait à l’époque à Mme Sales-Dupin résidant à Toulouse qui avait le titre de baronne. Des rentes en blé, argent, cire et poules et le droit de Champart (part prises sur les récoltes) sur une très petite partie de la terre lui étaient dues.

« Il y a, dit le curé, deux maîtres chirurgiens, Malterre père et fils et une femme qui fait la fonction de sage-femme. Pour Peyrolles, il ajoute, il y a une chapelle dédiée à Saint Vincent, située dans le travers de Peyrolles ».

Le curé se plaint au sujet des trois villages Labro, La Massoutie et Luc où il y a environ 200 habitants qui sont annexes seulement pour le spirituel à Blauzac par deux ordonnances de nos seigneurs les évêques.

En 1785, le curé Alibert Antoine rapporte que le chapitre de Rodez La Salvetat devrait donner 150 livres pour l’augmentation de service. Labro comptait 12 maisons et 72 h. Luc comptait 12 maisons et 62 h.

Il apparaît qu’à la veille de la Révolution, la situation économique était loin d’être idyllique. Pressure par les impôts, affaibli par les intempéries, la disette, les épidémies, le peuple ne pouvait que déplorer la fuite des revenus de la terre. On misait sur le produit de châtaignes, du chanvre. Les moyens de survie étaient précaires et il s’agissait de trouver une nourriture suffisante pour subsister au jour le jour et la mendicité s’avérait être plus forte que dans les cantons limitrophes, plus de 15 % de la population note Jean Delmas.

La population etait nombreuse, plus de 46 habitants au km², sensiblement la même qu’en 1926 avec des moyens d’existence plus précaires. La communauté se composait de laboureurs cultivateurs à bœufs ou pages, de cultivateurs à vaches vivant convenablement très peu nombreux et de brassiers (cultivateurs à bras).

Le chiffre de la population était de 364 habitants avec 67 feux (L’Herm était rattaché à Blauzac).

En 1794, il y eut 17 naissances, 4 mariages et 21 décès. Il n’apparaît pas qu’il y eut les traces d’une noblesse puissante à Blauzac. Pas de représentant de la noblesse aux assemblées de la sénéchaussée en 1789 pour la convocation des Etats-Généraux (Un délégué de la communauté Muratet de Blauzac). La communauté prit le nom de communes le 17 février 1790. Les citoyens actifs (1/6 de la population) se réunirent pour élire leur premier maître et former la municipalité (officiers municipaux et procureur).

Ce fut Antoine Alibert le curé, représentant le Tiers Etat, proche du peuple qui fut élu maire.

Parmi les électeurs du second degré élus en juin 1790, on retrouve le nom de Joseph Reynes de Labro.

Les électeurs élus devaient élirent les douze membres de l’administration du district de Sauveterre qui regroupait 9 cantons.

Parmi les acheteurs de biens nationaux en 1791, on retrouve :

En 1791 : Gabriel Muratet de Blauzac

En 1792 : un pré et une terre à Blauzac 875 livres à Gabriel Muratet de Blauzac pour Pierre Boyer et Joseph Boutonnet. Joseph Calvinhac de la Tapie 350 livres pour un pré à Blauzac.

La commune de Blauzac fut rattachée en 1832, sous le règne de Louis Philippe, à la commune de La Salvetat-Peyralès en même temps que Bosc Cadoule.

* L’orme était l’image spécifique d’un lieu qui avait de l’importance à l’époque.

B.P.