Alphonse-Hilarion Fraysse

Evêque de Nouméa

Hilarion-Victor-Jean-Joseph Fraysse dit Alphonse-Hilarion Fraysse, aîné d’une famille de sept enfants, naquit au Bibal, commune de La Salvetat-Peyralès, le 24 juin 1842. Ses parents étaient Pierre-Jean Fraysse, cultivateur, et Marie-Rose Trébosc. Il fut ordonné prêtre à Marseille en 1865 et peu de temps après nommé professeur au Grand Séminaire de Moulins, puis à celui d’Agen. Quatre ans après, Mgr. Vitte, second vicaire apostolique de Nouvelle-Calédonie, fit appel à lui. Ils arrivèrent dans l’île le 19 janvier 1874. Alphonse-Hilarion Fraysse fut nommé provicaire. Mgr. Vitte s’étant retiré pour raison de santé, Léon XIII nomma le 6 avril 1880 l’abbé Fraysse évêque d’Abila et vicaire apostolique de Nouvelle-Calédonie. Il fut consacré dans la cathédrale de Sydney le 25 juillet suivant. Il avait 38 ans. Il devait être un administrateur prudent, loyal et conciliant.

« Le trait distinctif de la physionomie de Mgr. Fraysse était la bienveillance. Aucun de ceux qui l’ont approché n’a perdu le souvenir de son exquise urbanité. Le front dominait sur des traits accentués, mais la douceur pénétrante des yeux attirait invinciblement. De l’ensemble résultait ce qu’un officier de marine appelait un masque romain ». Il semblait réservé et même froid, mais cinq minutes de conversation faisaient changer d’opinion.

Il eut parmi ses amis le célèbre amiral Courbet, héros de Fou-Tchéou (Chine).

Il présida en juin 1894 aux fêtes du cinquantenaire de la Mission de Nouvelle-Calédonie qui avaient été renvoyées au mois de décembre à cause de l’état sanitaire de Nouméa. Au cours de ces fêtes il consacra la cathédrale de Nouméa, le 16 juin. Il fonda les paroisses ou les missions de Saint-Jean de Nouméa, de la Foa, d’Azareu, de Koné, d’Houaïlou, d’Hieughène, de Touaourou. Par contre, Arama, Uraï et l’île Ouen cessèrent d’être des missions avec résidence. Il fit construire des églises de pierres, selon la mode de ce temps, néo-romanes ou néo-gothiques, à Thyo, à Nakéty, à Tyé, à Touho, à Hieughène et à Pouébo. Celle de Nathalo (à Lirou) avec ses deux flèches, était un véritable monument. Celles de Eacho et de Wé étaient ornées de vitraux et de sculptures comme celles de la métropole. On note encore parmi les églises qu’il fit bâtir celle de la Roche (à Maré), celle de Médu et celles de Monly, de Fayaoué et de St-Joseph (à Ouvéa)… A la fin de son épiscopat on comptait une cinquantaine d’églises ou de chapelles, ce qui révèle les capacités d’organisation et d’administration de l’évêque, malgré la modicité de ses ressources. Son chef-d’œuvre fut la cathédrale de Nouméa.

Sous son autorité, des écoles catholiques furent créées, au lendemain de l’application des lois de laïcisation. Il fonda en particulier des écoles indigènes. Dans son esprit, il devait y en avoir une auprès de chaque mission. Plus de 1500 enfants les fréquentaient ; la mission fournissait dans la majorité des cas, la nourriture et le vêtement. Par des visites personnelles et des récompenses, il excitait l’émulation et favorisait la formation des autochtones. Pour les écoles de filles, il fit venir les sœurs de la Mission.

En janvier 1885, il ouvrit une école de catéchistes tierçaires. Il ouvrit la même année l’imprimerie de la Mission.

En 1886-1887, il envoya la première colonie de missionnaires aux Nouvelles-Hébrides. Il avait la promesse de secours pécuniaires du Gouvernement, mais celle-ci fut oubliée. Toute l’action qui n’était pas seulement religieuse, mais matérielle et culturelle, fut donc à la charge de la Mission. Le climat était difficile pour les pères de la Mission. Ils y épuisaient très vite leurs forces et leur santé. Les fièvres les minaient. Ce n’est que progressivement qu’ils en vinrent à bout. Les services rendus à la cause humanitaire et à la cause française en particulier étaient si évidents que le gouverneur Feillet les signala sur son rapport. On eut des subventions. Un hôpital fut fondé. Mgr. Fraysse obtint bientôt l’érection des Hébrides en préfecture ecclésiastique autonome en 1900.

Pour les bagnards, « les victimes du bagne », il fonda en 1889, à la Ti-Ouaka, un asile connu sous le nom de Saint-Léonard, qui pouvait abriter 70 libérés et leur permettre une réhabilitation par le travail et la religion ; car dans son esprit, les solutions matérielles n’étaient pas suffisantes pour régler de douloureux problèmes humains.

Frappé de l’accroissement du nombre des vieillards malheureux, Mgr. Fraysse fit appel en 1897 aux Petites Sœurs des Pauvres, auxquelles il céda le terrain sur lequel elles bâtirent l’Asile du Mont Sainte-Marie, qui pouvait héberger soixante personnes.

Quinze années de paix s’écoulèrent. Le christianisme progressait. Cependant invité à donner son avis sur l’œuvre de la Colonisation, il écrivit au Directeur de l’Union Coloniale une lettre si judicieuse et si réaliste que la Quinzaine coloniale la publia. Ce fut le début d’un conflit que le P. O’Reilly résume en ces termes : « le gouverneur Feillet demandera en octobre 1897 au Père Aubry, visiteur des Missions, le changement de Mgr. Fraysse, le menaçant en cas de refus, de la sécularisation de la Mission. L’évêque n’avait pas consenti à approuver ni à couvrir de son autorité des appels aux colons français possibles, jugeant chimériques les promesses faites. D’où une tension assez aiguë et des rapports sans aménité. Le gouverneur Feillet n’ayant pu obtenir ni le renvoi ni la sécularisation, ce fut la guerre. Il ouvre la Grande Terre aux catéchistes protestants alors qu’il refuse aux catéchistes catholiques tout permis de circulation ou de séjour dans une tribu étrangère. La mission et les indigènes catholiques connurent alors, plusieurs années durant, une regrettable série de vexations et de brimades administratives. Le conflit devait durer jusqu’au départ du gouverneur Feillet en octobre 1902 ». Cet affrontement et l’affaiblissement des missions catholiques au profit des missions protestantes devaient avoir des effets durables sur la situation de l’île et la scission morale de la population.

Ses biographes rappellent le souci qu’il avait d’être présent dans sa cathédrale et sur le terrain. Au cours de ses visites pastorales, il s’intéressait aux questions d’agriculture et d’élevage, qui lui rappelaient ses origines paysannes. Il fit faire des essais de cultures nouvelles à Saint-Louis et encouragea ses missionnaires à les répandre dans le pays.

En 1904, à la suite des lois de laïcisation, il fut expulsé de l’Evêché et celui-ci fut désaffecté et remis à l’Administration. Mgr. Fraysse dut s’installer à la Conception, qu’il appelait « son Ceignac de Calédonie ». Il mourut peu de temps après, le 18 septembre 1905, d’une crise cardiaque. Les catholiques de Nouméa souhaitaient qu’il fut enseveli dans sa cathédrale, comme c’est l’usage, mais le gouverneur de l’époque s’y opposa. On transféra son corps au cimetière Saint-Louis.

Un frère de l’évêque, Célestin Fraysse, né en 1851, fut profès mariste en 1873 et ordonné prêtre le 24 août 1877. Il vint à son tour en Nouvelle Calédonie en février 1879. Là, il fut successivement économe à Saint-Louis, missionnaire à Nathalo, à Lifou (1883), supérieur de la Mission de Saint-Louis (1898). Il devait mourir à Nouméa le 9 septembre 1906.

Victor Fraysse
Missionnaire

Marie-Jean Victor Fraysse, peut-être parent de Mgr. Hilarion Fraysse, naquit au Ran, de Romette, le 3 février 1878. Il était le fils de Jean-François Célestin Fraysse, cultivateur, et de Marie Malgouyres. Il fit profession chez les maristes en 1902, fut ordonné prêtre le 26 juin 1904 et fut envoyé en Calédonie. Après un séjour à Bourail (1904), puis à Azareu (1906), il s’établit à Poya pendant dix-huit ans (1912-1930) et y fonda une mission. Puis il séjourna à Touaourou (1935). Il assura quelques intérims à Bondé (1943), Vao (1949) et Nakety (1950).

Il mourut à Nouméa le 16 décembre 1966.

Edouard Gaffier

Député, Président du Conseil Général

Marie, Edouard Gaffier naquit le 17 octobre 1861 à Rodez, 6, rue du Terral. Il était fils de Simon Gaffier, docteur en droit et avocat, et d’Irène-Marie Agar. Il fit ses études au Lycée de Rodez où il remporta, tout au long de sa scolarité, les premiers prix. Il y acquit des compétences de latiniste et d’helléniste, et des dons de poésie qu’il exerça toute sa vie. (En 1939, il participait encore à un concours de poésie avec une ode au Maréchal Joffre). Il continua ses études à la Faculté de Droit de Paris et en sortit avec un doctorat en droit.

Il s’inscrivit au barreau dont son père avait été bâtonnier. En 1893, à 32 ans, il se présenta aux élections législatives, dans la 2ème circonscription de Rodez, contre Gaston Roques, député conservateur sortant, et Charles Caussanel. Il ne recueillit que 2879 voix contre 4504 et 4379 obtenues par ses adversaires sur 13708. Mais il fut élu peu de temps après au Conseil Général de l’Aveyron, comme représentant du canton de La Salvetat.

En 1898, il devint bâtonnier de son ordre, et le 3 mai, il fut élu au premier tour député, sous l’étiquette de républicain libéral, contre Charles Caussanel, par 7872 voix contre 6105, sur 14649 suffrages exprimés. Il fit partie des commissions des colonies, de la législation criminelle et de la législation fiscale. Il intervint dans les discussions annuelles du budget et sur les conséquences du phylloxéra, en demandant des dédommagements pour les viticulteurs qui en étaient les victimes. En libéral, il fit tout pour fuir les coteries et pour échapper aux affrontements manichéens nés de l’Affaire Dreyfus et des questions religieuses. « On ira… à la paix religieuse en renonçant à voir un prétendu antagoniste entre la religion et la démocratie et en s’inspirant dans les conditions d’enseignement du respect dû à la vie religieuse. » (1899).

Il épousa le 16 mars 1901, à Paris, Marie Albertine Marguerite Fabre.

Il fut réélu au premier tour le 28 avril 1902 par 8607 voix contre Cannac (6065 voix) et participa aux débats sur les demandes en autorisation formulées par 81 congrégations enseignantes de femmes, sur le projet de loi portant suppression de l’enseignement libre assuré par les congrégations et encore sur le projet de loi sur la Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans tous les cas, pas ses interventions et par ses amendements, il se montra partisan de la paix civile. Il intervint encore dans les discussions sur la réforme des justices de paix (1904).

Sensibles à son action, ses électeurs lui renouvelèrent son mandat de député le 6 mai 1906 par 10660 voix contre 1059 à M. Mazars sur 13433 votants. Il intervint sur les questions vinicoles et le sucrage des vins. Il fut réélu en 1910 sous l’étiquette de la gauche démocratique contre M. Maliquet par 8273 voix contre 5671.

En 1914, il fut élut Président du Conseil Général de l’Aveyron et, le 26 avril, réélu au Parlement par 6878 voix contre 6603 à M. Rey. Il fit alors partie des commissions des postes et télégraphes, des pensions civiles et militaires, de la révision des lois constitutionnelles et du ravitaillement. Il ne se représenta par en 1919.

Aux activités que nous avons énuméré, il faut ajouter ses interventions à l’Assemblée sur les travaux publics, les transports automobiles et les chemins de fer, sur le respect des décisions des conseils municipaux et des conseils généraux, sur le service militaire (périodes militaires, congés pour les fils d’agriculteurs).

Après 1922, Edouard Gaffier se retira dans propriété familiale de Longuefon (Cne d’Auzits). Passionné par la culture des arbres fruitiers, il créa à Auzits l’une des premières coopératives fruitières.

Il mourut le 5 mai 1942 à la Cayroulie (Cne d’Onet-le-Château), dans la maison de son frère Charles. Ses obsèques eurent lieu à Auzits.

Mgr. Augustin Saint-Amans

Vicaire général (Constantine)

Augustin Saint-Amans, fils de Jean-Antoine, cultivateur, et de Victoire Thémines, naquit à Flauzins, commune de Lescure, le 22 octobre 1852. Il fit ses études à Saint Pierre-sous-Rodez et appartint au cours du chanoine Alran. Attiré par Mgr. Robert, il entra au séminaire de Sainte-Hélène à Constantine. Ordonné prêtre le 31 mars 1877, il fut nommé vicaire dans la paroisse de Philippeville, puis en 1879 curé de Guejaatbou-Sba et en 1888 curé d’Aïn-Beida. En raison de ses goûts littéraires et de ses essais poétiques, l’évêque lui confia l’aumônerie du Lycée de Constantine (1890). Il y resta huit ans et fut successivement curé de St-Félix de Constantine (1898) et de Bougie (1902). Mgr. Gazaniol le choisit comme vicaire général. Il resta à ce poste pendant 28 années et sous quatre épiscopats. Il ajouta à ses tâches celle de directeur de l’œuvre de Saint-François de Sales et de beaucoup d’autres œuvres. En 1927, il fut élevé au rang de protonotaire apostolique. Il mourut le 14 février 1933. « Partout de la bonté, du bon travail, sans tapage, sans bruit… » disait de lui le chanoine Bernard.

Antoine Serieys

Ecrivain et historien

Antoine Serieys, fils de Pierre Serieys et de Marie-Jeanne Angles naquit le 23 avril 1755 au Moulin-Neuf, près du Pont-de-Cirou. Sa famille le destinait au barreau. Arrivé à Paris en 1779, il fut placé chez un procureur par Marmontel. En 1780, d’Alembert lui trouva un emploi de professeur de mathématiques à Passy. Il fit un voyage en Italie et de retour à Paris créa une école, qui n’eut pas de succès. La Révolution arriva. Bailly, maire de Paris, lui donna un emploi dans un des dépôts où l’on transportait des livres et les manuscrits des communautés religieuses ou des propriétés confisquées. Serieys était le chef d’un de ces dépôts. Il fut nommé bibliothécaire et professeur d’histoire et de morale à l’Institut des Boursiers (devenu le Prytanée français). Mais sa conduite irrégulière lui fit perdre son emploi. En 1804, il devint censeur des études et professeur d’histoire à Douai, puis en 1805 à Cahors. Il perdit encore cet emploi et postula pour occuper le poste de proviseur du Lycée de Rodez. Mais un de ses concurrents, l’abbé Girard, l’emporta. Il revint alors à Paris et essaya désormais de gagner sa vie par la plume. « Il ne manquait ni d’esprit, ni de connaissances ; mais il a fait preuve de fécondité et non de talent : il écrivait avec une très grande rapidité ; et quelque grand que soit le nombre de ses productions, tout ce qu’il a écrit ou transcrit n’a pas été imprimé. Il eut bientôt perdu son crédit auprès des libraires. Alors il fabriqua quelques ouvrages et les donna sous les noms de personnages célèbres (Bassompierre et Caylus). Il avait trouvé, dans les dépôts confiés à sa garde, et publié quelques manuscrits d’auteurs connus (Barthélémy ; Brosses, dont il publia les lettres en 3 volumes ; et Paciaudi). Il crut bien faire en imprimant sous son nom un ouvrage de Raynal. Sa réputation n’y gagna rien. Il ne tira pas plus de profit de quelques écrits de circonstances. L’abbé Sicard à qui, sans doute, il avait rendu quelques services, ne pouvant toujours l’obliger de sa bourse, lui permettait de disposer de son nom. C’est ainsi que sur le titre de plusieurs des dernières productions anonymes de Serieys, on lit ces mots revu ou publié par l’abbé Sicard. Ce n’était plus de la part de ce dernier de la complaisance ; c’était réellement une sorte de connivence ».

Il habitait Monsouris, alors aux portes de Paris, et il y mourut le 7 août 1819.

La production de ce polygraphe est considérable et les noms d’emprunt (dans tous les sens du mot) ne facilitent pas la tâche d’inventaire. En voici une liste partielle : L’Amour et Psyché, poème en six chants, 1789, réédité en 1803 et 1804 ; Eloge historique de L. François de Paule Lefèvre d’Ormesson de Noiseau, par l’abbé Gaubert, 1789 (Là, il était le « nègre » de l’abbé Gaubert, qui fut d’ailleurs gratifié pour cet ouvrage par le prince Henri de Prusse et l’impératrice de Russie !) ; Les Révolutions de France ou la Liberté, poème national, 1790 ; Les Décades républicaines ou histoire de la République française, 1795, 7 vol. ; Mémoires d’historiques, politiques et militaires, pour servir à l’histoire secrète de la Révolution française, 1798, 2 vol. ; Anecdotes inédites de la fin du XVIIIème siècle, 1801, réédité en 1805 ; La Mort de Robespierre, tragédie en trois actes, 1801, réédité en 1802 ; Essai sur la vie et les écrits de Paciaudi, 1802 (Paciaudi était un correspondant du comte de Caylus) ; Voyage en Italie de Barthélémy, édité par ses soins en 1802 ; Nouveaux mémoires du Maréchal de Bassompierre, recueillis par le Président Hénault et imprimés sur les manuscrits de cet académicien, 1802 (ouvrage plein de fautes, surtout en ce qui concerne les noms propres) ; Tablettes chronologiques de l’histoire moderne et ancienne, 1803, réédités quatre fois ; Elément de l’histoire des Gaules, 1805 ; Epitome de l’histoire de France, 1804 ; Dictionnaire généalogique, historique et critique de l’Ecriture Sainte, où sont réfutées plusieurs fausses assertions de Voltaire et autres philosophes..., 1804 ; Epitome de l’histoire des papes, 1805, Souvenir de M. de Caylus, 2 vol. 1805, (cet ouvrage qui serait de lui est un recueil de portraits, d’anecdotes et de réflexions et, de toutes façons une supercherie) ; Eléments de l’histoire de Portugal, 1805 (qui serait en fait un écrit du célèbre Raynal, autre écrivain rouergat, mis en forme par Serieys sous son propre nom)... Nous n’en sommes qu’au dix-huitième titre ! et il y en a eu plus de quarante. Abrégeons désormais : Bibliothèques académiques ou choix fait par une société de gens de lettres de différents mémoires des académies françaises et étrangères, 1810-1811, 12 volumes. L’Ermite de la chaussée du Maine, 1810 ; Premier Bulletin de l’île d’Elbe, contenant des nouvelles de Napoléon Bonaparte, 1814 ; Dictionnaire pour l’intelligence des auteurs classiques grecs et latins, t. 37, 1815, (qui achève la série dont Sabbathier était l’auteur) ; Selecta e recentioribus poetis carmina, 1815 ; Vie publique et privée de Joachim Murat, 1816 ; Fouché de Nantes, sa vie privée, politique et morale, 1816 ; Carnot, sa vie politique et privée, 1816 ; Histoire de Marie-Charlotte Louise, reine de Deux-Siciles, 1816 ; Le Règne de Louis XVIII, 1816 (comme on le voit Serieys ne craignait pas, comme aujourd’hui certains auteurs, de précéder l’évènement) ; Vie de Madame la Dauphine, mère de Louis XVIII, 1817 ; Laharpe peint par lui-même, 1817 ; Lettres inédites de Madame la Marquise du Châtelet, 1819, (38 lettres de l’amie de Voltaire, le reste n’était pas inédit) ; Correspondance inédite de l’abbé Galiani, 1818 (quelques lettres ont été fabriquées !) ; Sermons inédits du P. Bourdaloue, imprimés sur un manuscrit authentique, publiés par feu l’abbé Sicard, ouvrage prêt vers 1810 mais publié seulement en 1823, etc.

Etonnant personnage, en vérité, que ce Serieys, mêlant les cartes, pris dans le tourbillon de sa plume facile et féconde, fluctuant, prenant le vent, sensible aux changements d’opinion, profitant des manuscrits, qui avaient été saisis aux abbayes et qu’il publiait après une lecture rapide, mettant parfois son nom sur les anonymes et se cachant aussi derrière des noms plus célèbres que le sien !