Roumégous

Le château de Roumégous (Roumégous = tas de ronces) se rattachait à l’origine à la terre de Cadoule.

Cadoule : château et justice de la famille de Cadoule XIIIème siècle. Le site se trouvait au penchant de la colline de Flauzins à 400 m au-dessus du lit de Jaoul.

C’était une forteresse imprenable, dans un site difficile d’accès ; les seigneurs ont donné le nom au Callès ou Cadoulès comprenant les paroisses de Lescure, Flauzins, Montou, Romette, Pradials, Vabre et Douzoulet.

L’ancienne communauté de Bosc-Cadoule en garde le souvenir jusqu’en 1832. Il reste encore une chapelle au lieu dit « Saint Amans de Cadoule ». Une vierge du XIVème siècle en provenant est conservée à Lescure.

On peut donc dire sans risque de se tromper que les seigneurs de Cadoule abandonnant leur forteresse construisirent un château à Roumégous vers 1250.

Les seigneurs de Cadoule, Romégous s’éteignirent vers 1360 (références Barrau). Lui succédèrent, les Lardit de Bar* puissants seigneurs vers la fin du XVème siècle reprenant toutes les terres de Cadoule.

Le château actuel est un château - repaire (manoir) du XVème siècle formé d’une masse quadrangulaire avec 4 tours rondes à ses angles (il fait une étude dur l’architecture de ce château et le nomme un manoir – repaire – et on peut dire que cette bâtisse est restée pendant longtemps une des plus belles du Ségala (Chapelle Ste Anne à Montou fut construite pour la sépulture de Lardit de Bar)

Un de « Bar » devint chambellan et conseiller du roi Louis XI et Sénéchal du Rouergue de 1461 à 1480.

Begon succéda à Lardit en 1480 et s’éteignit en 1486 sans héritier. Le roi en fit don à Henri de Bourbon baron de Malause.

Succédant aux De Bar, les « Bourbon – Malause », bâtard du roi.

Nous savons que le 6 mai 1608, Henri de Bourbon, baron de Malause et seigneur de la Case en Albigeois et Madeleine de Challon, son épouse vendirent à Pierre de Faramond baron de Jouqueviel la place et la baronnie de Roumégous et Cadoule avec les droits seigneuriaux pour la somme de 8000 livres.

Pierre de Faramond laissa 4 enfants dont René qui hérita de la terre et du castel Roumégous, grand capitaine sous la guerre de trente ans (mourut en 1689 au camp de Montauban).

Alexandre de Faramond se maria 2 fois (nombreux enfants) dont une fille Jeanne de Davy de Revel. Roumégous passa à la maison de Revel.

En 1655, le château cessa d’être habité.

Au 18ème siècle, Claude Malroux en est seigneur, puis en 1755, la famille Truel de la Garde. A cette époque Mr Bonhomme – Dupin, conseiller au Parlement de Toulouse est propriétaire d’une partie de seigneurie (Blauzac ?). On raconte que le Truel de la Garde qui épousât une Dalbin lui avait fait sonner bien haut ses possessions féodales rouergates que sa femme, ayant demandé à les voir, éprouva un tel désappointement à leur aspect misérable et, dépitée d’avoir été à ce point prise pour une dupe se sépara sur l’heure et pour toujours de son mari.

Décidément Roumégous ne faisait guère rêver les hommes du XVIIIème siècle.

Enfin, l’an II de la République, en date du 3 thermidor, Auguste Truel, descendant de l’illustre seigneur précédant demeurant à Revel, commune de Paulhan canton d’Alban vendit le château, corps et bien à Jean-Pierre Blanquet ainsi que le « Pré Grand » une châtaigneraie et un jardinet pour la somme de 6000 F d’époque.

Le château est resté toujours à la famille Blanquet. Un gendre Blanquet reçu en héritage la ferme près du château et tous les biens dont le château. Le propriétaire s’appelle Omer – Gargaros habitant en partie le hameau de Bleyssols et en partie Roumégous.

L’histoire de Roumégous s’avère bien pauvre en grands évènements. A l’instar du pays qui l’a vu naître et mourir, Roumégous a vécu secret et silencieux sur son tertre d’ombre.

Pierre par pierre, il s’enfonce doucement dans son triste ravin. Encore heureux qu’à la Révolution, les patriotes l’aient épargné quelque peu, ne lui, ôtant que ses belles pierres de parement pour les réemployer dans les maisons environnantes.

Il reste encore dans les documents touristiques qui lui accorde le titre de plus beau reste des châteaux du Ségala. Il est vrai que le cadre dans lequel il agonise est un des plus beaux de la Vallée du Viaur.

* Lardit de Bar, fils de Flottard, seigneur de Bar, Cadoule et Roumégous, chevalier, Chambellan et conseiller du roi fut fit gouverneur et sénéchal du Rouergue, en 1461, par le roi Louis XI. Ce fut le 25ème sénéchal du Rouergue de 1461à 1480.

Comme sénéchal il était lieutenant dans la province soumise à l’autorité du roi. La sénéchaussée fut transportée de Najac à Villefranche. Lardit de Bar résidait tantôt à Najac tantôt à Villefranche, tantôt à Roumégous.

Le château de Roumégoux

Au confluent du Jaoul avec un des nombreux torrents et tout près du Viaur, s’élève une colline escarpée qui forme comme un promontoire triangulaire entre les deux ruisseaux.

C’est sur la pointe la plus avancée de ce monticule, qu’est bâti le château de Roumégoux, masse carrée, flanquée de quatre grosses tours rondes.

Le rocher qui lui sert d’assise, domine le village situé en amont sur la même langue de terre.

Les tours sont percées de quelques meurtrières, mais sur la partie du bâtiment central correspondante à l’entrée, on n’aperçoit pas une seule ouverture.

Les fenêtres n’avaient été ménagées que du côté du précipice, là où l’escalade était impossible ; encore ce n’était qu’aux étages supérieurs.

Le corps du logis est démantelé, mais on voyait encore en 1860 la base des arcades géminées à plein cintre qui soutenaient les voûtes de chaque étage.

Le château défendu de trois côtés par des précipices, s’abritait du côté du village sous deux lignes assez rapprochées de fortes murailles et de fossés profonds.

Le style architectural de l’édifice paraît annoncer le XIIIème siècle.

Les ouvrages extérieurs ont disparu ; il ne reste plus du corps du logis que la carcasse. Les tours sont encore debout. Toutefois, le sommet de celle du Sud s’est effondré. Le côté Nord de l’ouvrage est lézardé et semble se maintenir debout grâce à un énorme lierre qui s’agrippe à ses flancs et monte jusqu’au sommet.

A l’angle de la jonction de deux de ces tours avec l’édifice central, se trouvait à chaque façade, une tourelle où l’on voyait pratiquer d’étroits escaliers à vis pour la communication des étages entre eux.

Ajoutons que toutes les pierres de taille en granit jaune tendre de cet édifice ont été enlevées, de sorte que cet important et lugubre château, présente actuellement un délabrement complet.

Le château de Roumégoux fut originairement possédé et sans doute bâti par les Cadolle, famille d’ancienne chevalerie qui contribua au XIIème siècle à la fondation du monastère de Bonne Combe, et dont une branche subsistait encore en Languedoc, au milieu du XIXème siècle.

Aux Cadolle, succédèrent les De Bar, jusque vers la fin du XVIème siècle.

Un titre nous apprend qu’au commencement du XVIIème siècle la terre et le château de Roumégoux étaient passés dans la maison de Malause.

D’après cet acte, daté du château de la Case, diocèse de Castres le 6 mai 1608 :

« Haut et puissant seigneur, messire Henri de Bourbon, chevalier, seigneur et baron de Malause du dit lieu de La Case, pour remplir ses droits légitimes, et dame Sarra de Chalon, sœur de la dite dame Madeleine, alors femme de messire Charles de Genibrousse, seigneur de Saint Amans, vendirent irrévocablement à noble Pierre de Faramond, seigneur et baron de Jocqueviel, présent et acceptant la place et la baronnie de Roumégoux, Cadoule et bourg de Cadoule, situées au pays de Rouergue, avec censives, droits seigneuriaux, etc, moyennant la somme de 8000 livres, payée comptant. »

René de Faramond, sieur de la Calmette, fils de Pierre, reçut plus tard pour sa part héréditaire, la place de Roumégoux.

Dans un questionnaire adressé aux curés par Monseigneur l’Evêque de Rodez en 1771, il est fait mention d’une dame de Valzergues, qui épouse Pierre du Truel, baron de Roumégoux.

A l’époque de la Révolution, nous trouvons Roumégoux entre les mains de Truel, et une partie de la seigneurie à Monsieur Bonhomme-Dupin, conseiller au Parlement de Toulouse.

(Les deux orthographes Roumégoux ou Roumegous sont sans doute valables, les registres et cadastres de La Salvetat-Peyralès portent parfois le X ou le S)

Roumégous

Le canton de La Salvetat-Peyralès est un canton dont les origines historiques sont très originales. Le Viaur s’y enfonce dans des massifs schisteux et y trouve à peine son chemin. Les pentes sont abruptes et boisées et les affluents forment des gorges profondes.

Dans chaque éperon se dresse un château en ruines ou une vieille chapelle. Les châteaux forts et de puissantes familles s’y établirent. Le Jaoul avec Cadoule, Le Vernhou avec Roumégous, Le Liort avec Peyrolles chef-lieu du Peyralès, Le Lézert avec Castelmary.

Sources : Jean Delmas, Archives de l’Aveyron, Vivre en Rouergue 1976, n°18.

A l’origine, la terre entre le Jaoul et le Vernhou appartenait à la famille de Cadoule (il reste encore des ruines de l’église St Amans de Cadoule au-dessus de l’usine électrique)

Pendant la féodalité au XIème siècle, le pouvoir du seigneur était encore puissant. Déclin et affaiblissement par les Croisades et guerre des Albigeois.

On dit que Cadoule fut détruit par les Anglais vers 1360. Le seigneur de Cadoule avait dit-on construit un autre château à Roumégoux (mieux situé) qui résista aux Anglais.

Roumégous passa par dotation aux de Bar comme le château de Bar fut saccagé par les Anglais le seigneur demeura à Roumégous.

En 1386, Robert ou Robin de Bar et de Roumégous rassembla une compagnie de 100 hommes d’armes et marcha contre l’Anglais. Il assista à la revue passée à Rodez le 2 janvier 1386 par Guilhomat de Soulages, chevalier commissaire de Bernard d’Armagnac capitaine général de la guerre contre les Anglais.

En 1444, le seigneur était Flottard de Cadoule de Bar et de Roumégous.

Lardit de Bar, fils de Flottard, seigneur de Bar, Cadoule et Roumégous, chevalier, chambellan et conseiller du roi fut fait gouverneur et sénéchal du Rouergue. En 1461, par le roi Louis XI. Ce fut le 25ème sénéchal du Rouergue du 1461 à 1480.

Comme sénéchal il était lieutenant dans la province soumise à l’autorité du roi. La sénéchaussée fut transportée de Najac à Villefranche. Lardit de Bar résidait tantôt à Najac, tantôt à Villefranche, tantôt à Roumégous.

Il fit construire ce château du XVème siècle formé d’une masse quadrangulaire avec 4 tours rondes à ses angles. (voir l’architecture militaire en Rouergue de Miquel) Il fait une étude sur l’architecture de ce château (plan) et le nomme un manoir – repaire – et on peut dire que cette bâtisse est restée pendant longtemps une des plus belles du Ségala. (Chapelle Ste Anne à Montou fut construite pour la sépulture de Lardit de Bar) Begon succéda à Lardit en 1480 et s’éteignit en 1486 sans héritier.

Le roi en fit don à Henri de Bourbon baron de Malause bâtard du roi de France (d’après Brouillet)

Vente de Roumégoux

Il fut vendu par Bourbon-Malause en 1608. 8000 comptant à Pierre de Faramond seigneur de Jouqueviel qui laissa 4 enfants dont René qui hérita de Roumégous, grand capitaine sous la guerre de trente ans (mourut en 1689)

Alexandre de Faramond se maria 2 fois (nombreux enfants) dont une fille Jeanne de Davy de Revel. Roumégous passa à la maison de Revel.

Barrau : historien s’exprime sur l’unique héritière de la maison d’Alban (Truel de Revel de la Garde)

Elle avait épousé (cette héritière) quelque temps avant 1789, un Mr Truel de la Garde, baron de Roumégoux seigneur de Lescure et de Montou, terres situées aux portes de La Salvetat. Il paraît que ce personnage avait fait sonner bien haut ses possessions féodales. Sa femme ayant, peut de temps après son mariage, demandé à les voir éprouva un tel désappointement à leur aspect misérable, qu’outrée de dépit d’avoir été dupe, se sépara à l’instant et pour toujours de son mari.

Elle revint dans son château de Valzergues. Elle y termina ses jours après la révolution, laissant une fortune considérable que d’avides collatéraux se sont disputés.

Les documents manquent de sa décadence à la Révolution (inhabité)

Vente du château – Document authentique

L’an II de la République française le 3 thermidor. Auguste Truel de la Garde habitant au domaine de Revel, commune de Paulhan canton d’Alban vendit le château de Roumégous à Jean-Pierre Blanquet ainsi que le Pré-Grand, une châtaigneraie, un petit jardin 6000 F or. Château inhabité il n’eut pas à subir grand dégât.

Les belles pierres de taille furent enlevées à mesure pendant les périodes suivantes.

En 1944, il y avait encore 3 tours debout.



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